African Management

Du patriotisme économique : on n’importe pas le développement, on le construit.

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Certes, le concept peut sembler démodé, mais il y a urgence à se le réapproprier. Ce sentiment, je l’ai développé au gré de mes voyages dans plusieurs pays africains. Et pour cause, en interrogeant les habitants sur des ouvrages neufs en termes de construction de théâtres, de routes, de ministères, de ponts et autres ouvrages, on me répond inlassablement, ce sont les Chinois qui ont fait, ce sont les japonais qui ont fait… C’est à se demander où sont nos jeunes qui constituent pourtant la moitié de notre population au moins et qui sont censés porter le flambeau du développement de leurs pays. Je ne suis pas dupe, et connais parfaitement les règles non écrites de l’Aide liée, tout comme je suis conscient du fait que beaucoup d’ouvrages sont «urgents». Mais je ne perds pas de vue que nos jeunes devraient être utilement employés, et qu’il faut une certaine dose de patriotisme économique afin que les contrats d’envergure avec une forte intensité de main d’œuvre prévoient des quotas de sous traitance locale et d’emploi de nos populations. Car, c’est par des effets d’entrainement que nous parviendrons à développer la consommation et à faire «émerger» nos économies sans compter, le transfert de savoir-faire. On n’importe pas le développement, on le construit.

Soyons acteurs.

L’Afrique vit un renouvellement géopolitique qui en fait le nouvel eldorado pour les puissances de ce monde. Régulièrement, des multinationales prospectent en Afrique à la recherche de nouvelles ressources, d’espaces à exploiter, voire de débouchés pour leurs produits. Nous sommes en libéralisme et c’est bien normal. Ce qui l’est moins, c’est le manque d’audace de nos entreprises, qui se limitent trop souvent à leurs frontières nationales alors que l’avenir se joue dans le commerce régional et inter-régional. Elles gagneraient aussi à rechercher de nouveaux débouchés, voire de nouvelles sources d’approvisionnement, à nouer des joint-venture qui demain, en feront des «champions». Alors osons voir grand, même si nous commençons petit…

Au pays des Mille Collines.

Le Rwanda est la vraie «fausse» surprise de cette édition «Doing Business 2012». Avec un taux de croissance moyen de 8,8 % entre 2005 et 2011 et une gouvernance saine, rien d’étonnant que le Rwanda soit le numéro un mondial des pays ayant adopté le plus grand nombre de réformes cette année. Le Rwanda est le troisième pays africain, après l’Ile Maurice et l’Afrique du Sud, en termes d’attractivité des investissements et de climat des affaires. De là à dire qu’il existe un modèle rwandais il n’y a qu’un pas à franchir. Déjà plusieurs pays africains ont fait le déplacement de Kigali, pour s’inspirer du modèle … A suivre

Crise économique et déplacement du centre de gravité des échanges mondiaux.

L’Europe et les Usa connaissent aujourd’hui une crise sans précédent. Cette crise financière provient essentiellement de la perte de confiance des marchés et des agences de notation dans la capacité de ces pays à rembourser leurs dettes souveraines. En effet, tant qu’il y avait de la croissance les budgets pouvaient être déficitaires, mais cette croissance apparaissait comme la garantie que le pays pourrait faire face à ses engagements. Or la principale donnée est qu’aujourd’hui, il n’y a plus de croissance ni en Europe, ni aux Etats Unis. Dans cet engin quadriréacteur qu’est l’économie mondiale, les moteurs Europe et USA sont en panne ; il ne reste donc que les moteurs «pays émergents» et Chine, qui font tourner l’économie mondiale avec des taux de croissance supérieurs à 5%. Or pour se prémunir de tensions inflationnistes, la Chine ralentit la cadence, d’où l’atonie de l’économie mondiale et les difficultés de l’Europe et des Etats Unis d’Amérique. Le temps de l’Afrique-Asie et du commerce transpacifique est arrivé.

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