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Enseignement: Les MOOC, une aubaine pour les universités africaines

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Les universités africaines veulent surfer sur la vague des MOOC, sûrement inspirées par les établissements américains et européens. Mais si chez ces dernières la révolution est déjà en marche, ce n’est pas encore le cas en Afrique. Les programmes de MOOC sont absents des cursus de formations des universités. Seule une poignée essaie de briser la glace. Parmi elles, l’Institut de management et des technologies d’Abidjan en Côte d’Ivoire, une institution privée qui a lancé en 2014 un MOOC sur la finance. Mais, pour l’heure, l’exemple le plus abouti au niveau continental, c’est sans nul doute celui de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (UCA) qui a lancé depuis 2013 son projet de cours gratuits en ligne «UC@Mooc». La réussite de cette formation a poussé le ministère de l’Enseignement supérieur du Maroc à solliciter l’UCA pour la duplication de projets similaires dans d’autres universités du Royaume.

Une réelle alternative pour améliorer l’enseignement supérieur

Un diagnostic de l’enseignement supérieur africain permet de constater aisément que les Moocs sont d’une grande utilité pour le continent, une réelle alternative pour éviter le surpeuplement de nos universités. À titre illustratif, le nombre d’étudiants au niveau continental est passé de 200.000 en 1970 à 5 millions en 2014, avec une progression de 9% par an des effectifs, soit deux fois plus vite que dans le reste du monde. L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), qui dispose d’une capacité de 50.000 places, reçoit 80.000 étudiants. Au Cameroun, chaque année, 50.000 nouveaux bacheliers frappent aux portes des huit universités publiques et deux universités virtuelles.

À cela, il faut ajouter les problèmes d’infrastructures et l’insuffisance du corps professoral et de chercheurs qui préfèrent souvent rejoindre les universités européennes ou américaines pour mieux mener leurs travaux. Autant de facteurs qui confirment la nécessité de ces cours 2.0. «L’Afrique va devoir faire face au doublement de sa population. Le rythme auquel elle pourra construire des infrastructures et former des enseignants sera toujours en retard sur l’afflux croissant de nouveaux étudiants. Les MOOC sont une innovation technologique dont elle doit se préparer à tirer profit pour répondre au double défi de l’explosion de la demande et de l’inégalité d’accès à l’enseignement», a indiqué le professeur et philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne dans son discours inaugural prononcé lors de la Conférence sur les enjeux du numérique pour l’enseignement supérieur en Afrique, organisé les 6 et 7 mai dernier par l’Unesco à Paris.

Electricité et Internet, deux équations à résoudre

Les enjeux sont donc immenses et les acteurs de l’écosystème éducatif l’ont bien compris. L’on constate de plus en plus la création d’universités virtuelles dans certains pays africains comme le Cameroun et le Sénégal. Leur aînée, l’Université virtuelle africaine a vu le jour en 1997. La création de ces structures peut servir de tremplin pour instaurer des MOOC made in Afrique, à condition de les doter de moyens adéquats pour leur permettre de relever ce challenge.  Le développement des MOOC requiert des préalables : un ordinateur et une bonne connexion Internet. Deux choses qui manquent dans de nombreuses localités du continent, y compris dans les universités. En Côte d’Ivoire et au Mali par exemple, les universités parviennent à satisfaire uniquement 10% de leurs besoins en accès à Internet. Toutefois, il est heureux de constater que certaines d’entre elles commencent à développer des projets de connexion sans fil (WiFi) dans leur campus. Pour se connecter à Internet, faudrait-il encore avoir de l’électricité, un jus qui manque terriblement dans plusieurs pays africains plongés dans des délestages intempestifs. L’autre entrave, c’est le manque de culture numérique chez certains enseignants. Beaucoup d’entre eux semblent être allergiques aux technologies de l’information (TIC) et de la communication, préférant se cantonner dans leurs méthodes traditionnelles. L’ordinateur portable constitue aussi un luxe pour beaucoup d’étudiants qui n’ont pas souvent les moyens pour l’acheter.

Pour résoudre ces équations, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a lancé un projet de développement des TIC dans certains pays africains avec comme objectif l’installation de 2.000 ordinateurs dans chaque campus et 16 km de fibre optique pour élargir la bande passante.

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