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Faut-il (encore) rester dans la Zone CFA ?

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Comment expliquer que pendant 52 longues années depuis les indépendances, des pays d’Afrique aient été privés de l’instrument de politique monétaire pour créer la richesse? Il existe une légende métropolitaine en Afrique savamment véhiculée et selon laquelle, à cause des accords signés avec la France, il serait impossible de sortir du Franc CFA.

Mais, sur le plan pratique, aucun texte, aucune loi, aucun accord, aucun décret ne peut empêcher un peuple de prendre sa souveraineté dès lors qu’il est conscient qu’elle lui avait été volée, dès lors qu’il comprend ce qu’il perd sans ladite souveraineté. La vérité est que ces pays semblent préférer la subordination à la souveraineté.

Deux contre-exemples nous le prouvent. EN AFRIQUE DU NORD A l’indépendance des pays africains, tous les pays d’Afrique du Nord étaient eux aussi liés à la France par les mêmes accords monétaires et militaires. Au Maroc : Pour avoir prétendu} l’indépendance du Maroc et à la sortie du Franc, le roi du Maroc Mohammed V Ben Youssef sera déporté avec toute sa famille d’abord en Corse, puis à Madagascar le 8 Avril 1954.

La France installe au trône son oncle. Mais la population refuse et reste soudée derrière son roi, même exilé de force. La France est contrainte de le ramener en 1955. L’indépendance est proclamée l’année d’après. Deux ans après l’indépendance, le Royaume dit au revoir à la monnaie française et crée la sienne, le Dirham en 1958, malgré l’hostilité de la France.

En Tunisie, on a observé les mêmes résistances de la France pour} concéder une véritable indépendance. Mais comme au Maroc ce sont les dirigeants tunisiens qui ont fait comprendre à la France qu’un pays ne peut pas se dire indépendant alors qu’il utilise la monnaie d’un autre pays, et qu’il a sur son propre territoire la base militaire d’un autre pays.

En 1956, c’est l’indépendance formelle du pays, mais c’est toujours la France qui contrôle la monnaie tunisienne, le Franc. Dès 1958, la France est contrainte d’accepter que la Tunisie quitte la zone Franc pour créer sa propre monnaie le Dinar Tunisien. Cependant, elle refuse d’évacuer ses troupes de Bizerte. En 1961, le président Bourguiba, lance un ultimatum aux Français avant de déclencher la guerre qui fera un millier de morts, presque tous des Tunisiens, pour chasser les Français de cette base militaire de Bizerte.

Un an après, le 25 Juillet 1962, le Président Bourguiba obtient gain de cause, six ans après l’indépendance, le Président français De Gaulle annonce que la France accepte de mettre fin à quatre vingt deux ans de présence militaire en Tunisie. En Algérie, en 1962, c’est l’indépendance formelle, comme partout, c’est la France qui contrôle} la monnaie. Mais les Algériens insistent que sans la monnaie, ce n’est pas une vraie indépendance. La France est obligée de concéder la finalisation de l’indépendance algérienne avec la création de sa propre monnaie, le Dinar Algérien, le 1er Avril 1964. à MADAGASCAR En 1972 à Madagascar le Président Ratsiraka, douze ans après l’indépendance, quitte par décret présidentiel la zone CFA pour créer le Franc Malgache, comme monnaie transitoire vers le Ariary, le temps de laisser la population s’habituer à ce changement.

Lorsque Madagascar quitte la Zone Franc CFA en 1972, le Franc Malgache est immédiatement déclaré inconvertible en novembre de cette année et un système de réglementation des changes est mis en place. Depuis le 31 juillet 2003, l’unité monétaire malgache est devenue ARIARY (Ariary = 5 Francs malgaches).

Toujours en 2003, le Président Ratsiraka exige le départ des troupes françaises et l’évacuation de la base militaire d’Ivato avant le 1er septembre 1973. Le colonel de l’armée française Cazaillet remettra la base militaire aux autorités malgaches un jour avant la ¢date exigée par le Président Ratsiraka.

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