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Importance de l’évaluation de la décision publique et rôle de l’entreprise

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Introduction

 L’approche décisionnelle est aujourd’hui, au cœur de la théorie des organisations et des processus de pouvoir. La fonction de l’Etat ne se réduit pas à la domination légitime, mais à sa capacité d’agir et de décider pour répondre aux sollicitations multiples et faire face à la complexité des temps modernes. L’Etat est créé pour produire du bon Droit, de bonnes règles et de bonnes décisions. C’est sa fonction vitale.

La décision est donc un moyen privilégié d’action publique. Dès lors, comment produire de bonnes décisions de nature à agir positivement au niveau des zones critiques de changement et de transformation sociale, quand l’évaluation de la décision publique, quant à elle, s’impose comme une nécessité absolue, dans un «environnement où le principe de rendre compte» fait cruellement défaut. On procédera ici, à une analyse d’impact de la décision publique sur le développement en nous interrogeant d’abord, sur le rôle de la décision publique en matière de production des projets de développement, mais surtout, sur l’intérêt et la nécessité de son évaluation.

Contraintes à la décision publique

La conduite de l’action publique se heurte à un certain nombre de contraintes. La confusion des rôles, la multiplicité des centres de décision, la faiblesse de la capacité de contestation des partis politiques et leur auto-marginalisation dans les sphères de pouvoir. L’opinion publique africaine n’arrive pas à comprendre pourquoi on confie des postes de responsabilité à des personnes inexpérimentées ou insuffisamment compétentes.

 Le poids des règles et des procédures qui au demeurant, se trouve aggravé par un prisme bureaucratique très prononcé. D’une façon ou d’une autre, les différents services qui participent à la décision cherchent à intégrer en priorité, la défense de leurs intérêts propres. Dans ce contexte, le processus décisionnel est miné par les foyers d’inertie et de formalisme qui empêchent l’action publique, d’atteindre les niveaux de performance recherchés. On peut parler d’une crise de décision.

 Le déficit de professionnalisme.

En effet, l’Administration africaine, en mal de ressources humaines motivées, constitue le terrain de prédilection de comportements attentatoires aux exigences de l’éthique et de la déontologie. On attend de l’Etat, qu’il se dote d’une bonne gouvernance administrative associant efficacité et performance, évaluation et résultats.

L’éclatement du processus décisionnel.

L’émergence de nouveaux acteurs, régionaux et internationaux (BM, FMI, ONU, BTT…) et la montée en puissance de contre-pouvoirs (collectivités locales, ONG,….), non seulement ont modifié le rapport à l’Etat, mais agissent directement ou indirectement dans la prise de décisions La souveraineté décisionnelle de l’Etat s’est éclatée puisque la décision est devenue un enjeu majeur au centre de ramifications multiples.

Ainsi, au nom de l’autorité de l’Etat et des pouvoirs confiés à ses représentants, le pouvoir de prise de décision et de formalisation des choix publics est confisqué. Ceux qui sont appelés à décider n’ont pas suffisamment les compétences qu’il faut, et ceux dont les compétences sont confirmées ne peuvent pas prendre de décisions.

Les jeux de l’irrationnel et du bricolage

 Une analyse psychosociologique nous aidera à mieux comprendre les zones de dysfonctionnements inhérents aux processus de décision. Il faut d’abord souligner les comportements inappropriés du décideur public face à la complexité de la réalité d’aujourd’hui. On notera d’abord, un déficit de discernement face aux jeux informationnels. Très souvent, les critères qu’il utilise sont prédéterminés, et l’on tente de retrouver des informations supposées exactes, alors qu’elles sont déjà dépassées lors de leur utilisation.

En outre, les positions d’autosatisfaction affichées de manière intempestive et opportuniste à l’égard de certaines décisions, annihilent à l’avance, leur pertinence et conduit à les considérer comme bonnes et utiles pour l’intérêt général alors qu’au fond, elles ne sont que l’expression d’une manipulation ou de calculs politiques.

 Par ailleurs, les décideurs s’enferment dans une solitude extrême et se heurtent à des difficultés pour recueillir les avis, se confier et consulter. Enfin, la gestion publique a trop tendance à être soumise à la dictature du court terme et de l’urgence. Dans bien des domaines, chômage, analphabétisme, bidonvilles, urbanisme, santé, sécheresse, les décisions sont prises au coup par coup sous la pression des contingences et des événements.

Mutations affectant les décisions publiques.

Les principales mutations relèvent de la gestion de la complexité de la décision publique. Une série de faits et de tendances, décentralisation, légitimation du rôle de la société civile, multiplication des activités administratives, l’émergence de nouveaux acteurs socioprofessionnels, témoignent de ce phénomène. Le décideur public ne saurait à lui seul, apporter des réponses adéquates à la multitude de questions qui se posent en société.

Même s’il a l’exclusivité de l’orientation publique, la traduction effective de celle-ci nécessite le concours d’autres acteurs. A cet effet, la contractualisation est la modalité juridique des négociations par excellence, quand elle est assortie de la mise en place de procédures formalisées de comptes-rendus, de mesures de performance et des structures de changement et d’évaluation.

Rôle de l’évaluation en matière de valorisation des décisions publiques

L’utilité de l’évaluation en matière de responsabilisation et de valorisation de la décision publique n’est plus à démontrer. Pourtant, les difficultés surgissent dès lors qu’il s’agit de la mettre en pratique quand évaluation il y a.

 Quoiqu’il en soit, évaluer une politique ou un programme public qui en découle consiste à les questionner du point de vue de la pertinence, de la cohérence, de l’efficacité, de l’efficience ainsi que de l’impact sur les bénéficiaires. L’un des plus grands atouts d’une meilleure efficacité des politiques publiques consiste à « bien utiliser le passé afin de l’étudier et de l’évaluer pour acquérir des bases solides, fiables et reproductibles dans un contexte similaire ».

Portée pratique de l’évaluation

 Il est clair que l’évaluation peut recouvrir des processus variés. Trois situations peuvent en découler. La première situation désigne les activités de collecte et de traitement de l’information permettant la mise en œuvre d’un programme. La seconde situation est plus complexe car, elle révèle que les décisions publiques se prennent plus sur la base de compromis et de négociation que sur celle de résultats scientifiques. La dernière situation présente l’évaluation comme un processus social et politique à travers lequel, l’évaluateur devient un médiateur qui soutient et anime les processus d’apprentissage et de négociation. Bien sûr, la portée réelle de l’évaluation est à chercher au-delà de son déroulement, car elle n’a de sens que si elle trouve un écho chez le décideur.

Limites de l’évaluation des décisions publiques

 L’évaluation peut être critiquée pour la non-objectivité des données utilisées ou la qualité des évaluateurs. Les résultats d’une évaluation n’échappent pas aux tentatives d’instrumentalisation politique. D’où la nécessité d’une institutionnalisation de l’évaluation, dont l’intérêt réside dans l’enrichissement du débat public.

Conclusion

L’évaluation fait partie intégrante des conceptions nouvelles de la gestion publique. Il ne s’agit pas là d’un effet de mode, mais d’une recherche continue d’efficacité. Les nouveaux projets de modernisation des secteurs publics qui visent à inoculer une culture de performance à ces secteurs ¢consacrent le principe d’évaluation comme paravant à un ensemble de dérapages.

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