ÉCONOMIE VERTE

Nigéria : Relancer l’agriculture pour sauver l’économie

nigeria-relancer-lagriculture-pour-sauver-leconomie
N'oubliez pas de partager ce post

Plombé par la forte baisse des cours du prix du pétrole, le Nigéria souhaite renouer avec l’agriculture pour sauver son économie

Le saviez-vous ? Durant les années 1960, le Nigéria produisait plus de cacao que la Côte d’Ivoire et représentait 18% de la production mondiale de fèves, d’après l’Association nigériane de cacao (CAN). Mieux, c’était le premier exportateur mondial d’huile de palme devant la Malaisie et l’Inde.

Les autorités nigérianes avaient délaissé ce secteur après les premières découvertes d’une importante manne pétrolière au large du golfe de Guinée au cours des années 1950. L’or noir, qui tire 70% des recettes du pays, a été pendant des décennies la sève nourricière de la croissance nigériane. L’importante chute des prix du baril à l’échelle mondiale a entrainé des répercussions dramatiques sur son économie.

D’après le Bureau national des statistiques cité par l’Agence France presse (AFP), le PIB (produit intérieur brut) du pays a enregistré une baisse de 2,1% au second semestre. Début octobre, Garba Shehu, le porte-parole du Président nigérian Muhamadu Buhari, a annoncé la mise en vente de 2 des 10 avions de la présidence nigériane. Le pays importe son huile de palme de Malaisie et ne produit que 8% du cacao mondial, conséquence de sa légendaire dépendance du pétrole.

Miser sur l’agro-industrie Aujourd’hui, l’État souhaite relancer l’agriculture pour sauver le pays qui est récemment entré en récession. Et ce n’est pas le potentiel qui manque quand on sait que le pays dispose de 84 millions d’hectares arables. «Si nous redressons l’agriculture, nous redresserons l’économie», a déclaré à l’agence le vice-Président, Yemi Osinbajo.

Certains fonctionnaires sont même mobilisés pour relever ce défi. Dans l’État d’Imo, situé au Sud-Est, ces derniers travaillent seulement deux jours par semaine et sont obligés d’aller labourer la terre les autres jours de la semaine sur ordre des autorités. Ceux qui travaillent dans l’État du Benue et Sokoto (centre et nord) quittent la mi-journée leurs entreprises pour se consacrer au travail agricole l’après-midi.

Outre l’agriculture de subsistance qui fait vivre 70% de la population, le gouvernement envisage aussi de miser sur l’agro-industrie.

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote semble précéder le pas au gouvernement. Ce dernier a ouvert en mars 2016 son usine de transformation de tomates situé dans l’État de Kano au nord du pays. Cette unité, dont la superficie est équivalente à dix terrains de football, prévoit de produire 430.000 tonnes de concentré de tomates par an, soit 120 tonnes par jour. D’après la Banque centrale du Nigéria (CNB), la moitié de la production de tomates pourrit à cause du manque d’unité de stockage et du manque d’accès aux points de vente.

L’objectif de cette usine est de limiter les pertes des agriculteurs locaux et les importations chinoises. Elle achètera des tomates auprès de 50.000 fermiers nigérians. Selon le gouvernement nigérian, le pays est le deuxième plus gros producteur de tomates et Afrique et le quatorzième au monde, avec une production d’environ 1,5 million de tonnes par an. Le développement de l’agro-industrie devrait permettre au Nigéria ¢de réduire l’importation de nourriture qui lui coûte près de 20 milliards de dollars.

N'oubliez pas de partager ce post