ÉCONOMIE

Stratégie : Anticipation et Politique économique Une autre approche du Futur

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Face à un univers économico-financier mondial volatile, âprement concurrentiel, caractérisé par une lutte géostratégique sans rémission entre les différents états, et un espace national souvent fragilisé par l’existence de multiples et fortes contraintes internes et/ou externes, la nécessité d’anticipation devient une obligation. Dans un tel environnement, l’état en tant que «représentation» de la collectivité doit être, plus que jamais, l’initiateur et le garant du bien être collectif, un état efficace, intransigeant en matière de priorités nationales, et surtout générateur de véritables stratégies de développement économique et social. A environnement variant, choix stratégique variant.

Prévoir les sentiers possibles de croissance, anticiper les chocs potentiels et les retournements de tendances sectorielles pouvant fragiliser les structures nationales, déterminer efficacement les stratégies à mener, se donner les moyens de tendre vers l’optimum social le plus élevé possible, sont les postulats a priori intangibles de toute politique économique rationnelle. Juger de la capacité d’un Etat à se conduire en stratège conduit à analyser les éventuels règles ou principes soutenant sa politique économique.

Celle-ci ne peut prétendre au qualificatif de «stratégie» que si elle met en avant les principes «d’homogénéité et de rationalité» et respecte les postulats d’unité d’action, de lieu et de temps».

L’Homogénéité

en matière de stratégie publique permet à l’Etat de concevoir les décisions de telle sorte qu’il ne peut y avoir de choc frontal entre actions sectorielles. Elle est supposée permettre l’implantation d’actions générant un effet multiplicateur de plus value économique, une synergie sur l’ensemble de l’espace national et surtout éviter les blocages pouvant naître d’une non compatibilité de vision de la stratégie publique parmi les différents départements en charge de la chose publique. Si la ligne directrice n’est pas unifiée alors les déperditions, les externalités négatives, les chocs et frictions entre centres décisionnels conduiront à un recul collectif plutôt qu’à une avancée en matière de développement économique et social.

La Rationalité,

est prise ici dans le sens de l’efficacité économique, et à ce titre il est évident que la mise en place de la politique économique, comme un « tout » ou comme ensemble de parties distinctes, n’a pas toujours respecté cette clause essentielle. Il a été souvent constaté un manquement à la clause de l’efficacité économique et ce pour des raisons « d’efficacité politique » ou « de gains réservés ».

Le calcul politique, ainsi que l’affectation de « gains forcés » à une minorité, sous l’effet d’une vision de courte période, se sont souvent substitués au calcul économique au détriment de l’objectif de croissance et d’amélioration du bien être collectif. La situation actuelle de nombreuses économies me conduit par ailleurs à la comparer à celle des héros d’un de mes lointains souvenirs littéraires; le théâtre Cornélien.

Le «Dilemme ou Drame Cornélien» met en avant une situation où le héros, pris dans une impasse, ne peut trouver son salut, sans heurt, ni blessure morale, qu’à travers son élévation, car dans une impasse, étroite en termes de marge de manœuvre et sans possibilité de marche arrière, seule l’élévation permet de voir la lumière. Elle demande une volonté, surtout morale, parfois un sacrifice de soi, et une ténacité inébranlable face aux défis. Le Dilemme Cornélien s’appuyait sur une trilogie fondamentale : l’Unité d’Action, l’Unité de Lieu et l’Unité de Temps.

 L’Unité d’Action :

qui obéit au principe de mobile ou objectif unique. Cela sous entend le caractère impérieux du but recherché et l’investissement total dans la réalisation de celui-ci. Pour l’Etat, cela équivaut à la recherche du bien être collectif sous couvert de la mise en place d’une stratégie génératrice de croissance. Il est donc impératif que cette recherche soit commune à tous et ce postulat doit être scrupuleusement respecté. On ne peut concevoir d’unité d’action dans le cas d’une mosaïque d’objectifs supposés «fondamentaux» car les déperditions, liées aux chocs décisionnels entre les différents intervenants, ralentiraient les rythmes de croissance. De ce fait, la politique économique doit être considérée comme «un tout». Le décideur ne peut se permettre de résoudre par parties le problème général et surtout de nier le principe d’unité entre les diverses mesures de politique économique. Cela équivaudrait à ignorer la complémentarité qui existe entre les diverses mesures de politique économique et faire fi de la complexité et le «raffinement» de l’architecture de la «mécanique» économique.

L’Unité de Lieu :

qui fait référence à la notion d’espace. L’espace national est un et indivisible. Les actions menées, les moyens mis en œuvre doivent toucher simultanément tous les recoins du pays afin de sauvegarder l’équilibre de l’ensemble. L’action et les moyens peuvent certes être différenciés selon leur lieu d’implantation, mais ne peuvent être absents en un lieu quelconque de l’ensemble. Le coût à terme d’une telle omission serait pour la collectivité plus élevé que le coût de la non omission. La moindre défaillance, de quelque nature quelle soit, ne pourra que pénaliser la croissance visée du fait des externalités négatives produites.

L’Unité de Temps :

qui consiste à éviter une fragmentation de l’espace temps en vision à court, moyen ou long terme, en matière de recherche du bien être. Toutes les décisions prises par les gouvernants qui se succèdent doivent s’inscrire dans un cadre temporel intégré faisant abstraction du « principe du mandat ». Seule la maximisation des effets positifs récurrents, retirés d’actions ponctuelles et/ou d’actions à effets à moyen ou long terme, demeure essentielle. Le but recherché est une croissance durable, soutenue et génératrice de bien être pour ¢la collectivité.

La vision des responsables politiques, a toujours été, et continue d’être «à court terme». Dés lors que nous la replaçons dans l’espace temporel propre à une collectivité nationale, elle semble obéir au principe de la réaction et non à celui de la réflexion.

«Un jour Tout sera bien, voilà notre Espérance. Tout est bien aujourd’hui, voilà l’Illusion». Voltaire.

«Celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu’elles ne surgissent. Celui qui excelle à vaincre ses ennemis triomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent» Sun Tzu : L’Art de la Guerre

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