AFRICAN MANAGEMENT

Voici Les 5 clés pour réussir une croissance en profondeur

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Le Centre africain pour la transformation économique (Acet) a créé le premier baromètre « African transformation index » qui mesure les impacts de la transformation économique dans 21 pays africains. Ce classement est établi sur la base de cinq principaux critères. L’Ile Maurice occupe la première place, devançant notamment l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

La transformation économique est décidement un sujet en vogue. Le vocable est de plus en plus cité dans les différents rapports économiques publiés par des organismes de renom. Mais concrètement, que recouvre réellement ce concept? Le Centre africain pour la transformation économique (Acet) a répondu à cette interrogation en publiant le premier indice qui dévoile les contours de la transformation dans 21 pays africains.

L’ « African transformation index  » (ATI) se base sur cinq sous-indices : la diversification des produits, la compétitivité des exportations, l’accroissement de la productivité, l’usage des technologies, et le développement humain. Ces variables sont regroupés dans l’acronyme anglais « Depth » (profondeur). Le classement a réservé tout de même une petite surprise puisqu’on retrouve l’Ile Maurice en tête de peloton. Ce petit pays de l’océan indien avec 1,2 millions d’habitants devance la deuxième puissance continentale l’Afrique du Sud (2e) et de grands pays comme la Côte d’Ivoire (3e), le Sénégal (4e), l’Ouganda (5e), et le Gabon (6e).

Le Nigéria, leader du continent n’arrive qu’ à la 19e place. D’autres ténors se retrouvent en milieu de tableau.

1 Elargir la gamme de produits

D’après l’index, la diversification des produits et des exportations constitue le premier paramètre pour réaliser une croissance en profondeur. En clair, les pays africains doivent produire plusieurs biens et services et choisir une spécialisation en fonction de la fluctuation des prix dans le marché international. « Les pays développés d’aujourd’hui ont traversé une phase de production en se diversifiant avant de se spécialiser pour mieux tirer profit des opportunités du marché.

En ce sens, la spécialisation est un choix fondé sur le marché pour se concentrer sur un sous-ensemble de biens et services qu’un pays est capable de produire», précise le rapport. La diversification de la production doit être accompagnée d’un élargissement des gammes de produits destinés à l’export. Malheureusement, c’est là où le bât blesse. Au cours des 40 dernières années, beaucoup de pays du continent ont confiné leurs exportations sur un nombre restreint de produits de base, «les cinq principaux produits d’exportation représentent environ 70% des exportations de marchandises dans les pays d’Afrique subsaharienne, beaucoup plus que les 44% dans les pays de comparaison», constate l’ACET qui suggère l’intégration de produits manufacturés et des services à haute valeur ajoutée pour muscler les exportations.

Dans ce premier sous-indice, c’est l’Ile Maurice qui caracole en tête suivie respectivement par l’Afrique du Sud, Madagascar, le Cameroun, et le Sénégal. Trois pays d’Afrique de l’Ouest en l’occurrence Ghana (17e), Burkina Faso (18e), et Nigéria (21e) se retrouvent au bas de l’échelle. Le Ghana a connu la plus forte baisse en termes de diversification des produits en passant de 49% en 2000 à 23% en 2010.

➋ La compétitivité des exportations

Elle recouvre plusieurs avantages : l’accroissement de la production, la création d’emplois, la réduction des coûts, et la hausse des revenus. «En effet, l’exportation était la clé du succès pour les pays d’Asie orientale. Et même si l’environnement économique mondial a changé, l’exportation peut encore être une partie viable et importante de la transformation économique de l’Afrique », souligne l’institut.

 Pour mesurer la compétitivité des exportations d’un pays, on fait le rapport entre ses exportations et son Produit intérieur brut (PIB), et on divise le ré sultat obtenu avec le rapport entre les exportations et le PIB mondial. «Si cette mesure est supérieur à 1, le pays exporte une plus grande part de son PIB à la moyenne mondiale, il est donc dans un sens plus compétitif à l’exportation. Et une tendance à la hausse du ratio indique la hausse de la compétitivité à l’exportation», explique le rapport.

L’Ile Maurice maintient son leadership dans cet indicateur, il est talonné par la Côte d’Ivoire et le Malawi et le Kenya. Le Rwanda (19e), le Burkina Faso (20e) et le Burundi (21e) ferment la marche.

Produire plus pour réduire la pauvreté

L’accroissement de la production est une des alternatives pour lutter contre la pauvreté en Afrique. Actuellement, 60 à 70% de la population du continent, en particulier celle résidant en milieu rural, dépendent de l’agriculture pour subvenir à leurs besoins. L’augmentation de la quantité des récoltes débouchera sur une hausse des revenus qui leur permettra de divorcer peu à peu avec la misère. En outre, à en croire l’index, une production agricole plus abondante permet de libérer une main d’œuvre pour l’industrie, de diversifier la nourriture, de fournir des matières premières pour les industries, et d’accroître la hausse des exportations. Dans ce sous-indice, l’Ouganda détrône l’Ile Maurice classé (2e), devant le Gabon, l’Afrique du Sud, et le Bénin.

L’usage des technologies, un impératif

Dans ce monde moderne, ignorer les nouvelles technologies, c’est réduire ses marges de performance. Le secteur agricole ne déroge pas à la règle. Plusieurs pays occidentaux l’ont d’ailleurs compris en intégrant cette composante dans leur chaîne de valeur. A contrario, l’agriculture africaine accuse un retard dans ce domaine.

L’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Ouganda et le Nigéria sont les pionniers en la matière. En général, l’usage des technologies au niveau de la production et des exportations reste très faible, avec un pourcentage estimé à 12% contre 39% dans d’autres zones géographiques. Toutefois, cette tendance s’inverse timidement.

Certains pays ont crée des applications qui permettent aux agriculteurs d’intégrer les nouvelles technologies dans leurs activités. Le Ghana par exemple a mis en place depuis 2004 une application dénommée « Esoko » (le marché sur votre mobile) qui permet aux agriculteurs de connaitre, via leurs portables ou sur internet, plus de 800 000 prix de produits sur des centaines de marchés notamment en Afrique subsaharienne.

 Les producteurs abonnés à ce service (1 dollar par mois) reçoivent environ 10 mises à jour de prix par semaine. Ce service leur permettrait de gagner de 20 à 40% en plus sur les prix. Ce marché du mobile est également utilisé en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, à Madagascar, au Malawi, au Nigéria et au Soudan.

La dimension sociale

Le développement humain est le cinquième et dernier critère de l’African transformation index. En effet, la transformation doit se traduire par une amélioration des revenus, la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et des inégalités, l’accès à la santé et à l’éducation, la justice la sécurité et l’environnement. D’après l’Institut, « Les deux qui sont plus le directement liés à la transformation économique sont le PIB par habitant et l’emploi. Si le PIB par habitant est en hausse, et les possibilités d’emploi rémunératrices en pleine expansion, la transformation économique se traduira par une prospérité partagée, et les inégalités de revenu seront réduites ou au moins contrôlées ». L’autre baromètre, c’est le part de l’emploi formel dans la population active. Ce pourcentage est rarement au ¢dessus des 25%, constate l’Acet.

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